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Test Tenways CGO 600 Plus : le vélo urbain pour citadin lambda

Tenways renouvelle son désormais classique CGO 600, dans deux versions baptisées modestement CGO 600 Plus et CGO 600 Pro. Des noms qui sonnent comme des smartphones. Et nous allons voir que ce que le CGO 600 Plus n’est pas uniquement pensé pour les actifs se rendant au travail.

Tenways n’aura pas mis longtemps pour doper sa gamme, non sans une certaine cohérence d’ailleurs. Mais ce CGO 600 Pro inaugure quelque chose de nouveau pour la marque, puisque c’est le premier renouvellement d’un modèle. Et pas n’importe lequel, le best-seller qui a fait connaître le constructeur et validé la campagne de financement participatif.

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Mais tout n’est pas aussi rose qu’à la sortie du Covid. Le marché du cycle est morose et, bien que le business du VAE continue sa progression, la concurrence a été contrainte de revoir ses prix sur une abondance de produits en stock. La question est donc : ce Tenways CGO 600 Plus, vendu 1799 euros, est-il aussi intéressant que l’a été la première version il y a 5 ans ? Nous allons voir ça dans un essai de plus de 300 km.

Tenways Cgo 600 Plus
Vélo urbain le CGO 600 Plus ? Certainement. © Jérémy FDIDA

Présentation et contexte de l’essai

Il existe deux versions du nouveau CGO 600 : le Plus et le Pro.

Le CGO 600 Pro est équipé d’une transmission à courroie. Il est donc monovitesse et son moteur est un Mivice M070 délivrant 40 Nm de couple. Il pèse 16 kg.

Le CGO 600 Plus (notre modèle d’essai) est doté d’une transmission par chaine Shimano Claris 8 vitesses et utilise un moteur maison Tenways de 45 Nm de couple. Il pèse 18 kg… sur le papier.

La promesse de Tenways est grande. Il est ainsi noté sur le site : « Aussi silencieux qu’un murmure, avec une puissance exceptionnelle. » Rien que ça !

L’essai a été réalisé sur presque 400 km. Le parcours test (le même pour tous les vélos et toutes les trottinettes) et son dénivelé de 6 km progressif (idéal pour tester la limite de la puissance en crête des moteur) a servi de référence. Le cycliste et son matériel pèsent 100 kg. Durant l’essai, la température a oscillé entre 4°C et 20°C.

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Caractéristiques techniques

  • Géométrie à cadre haut (pas de cadre ouvert sur ce modèle urbain)
  • Cadre en alliage d’aluminium 6061
  • Transmission Shimano Claris à 8 vitesses (passage via shifters)
  • Freins à disque hydraulique Tektro
  • Pneu CST en 700x48c
  • Phare intégré alimenté par la batterie
  • Feu arrière intégré alimenté par la batterie
  • Moteur Tenways C9 de 250W et 45 Nm de couple
  • Capteur de couple dans le pédalier
  • Batterie 360 Wh (36V ; 10 Ah)
  • Poids annoncé : 20 kg avec les garde-boues
  • Poids mesuré :
  • Autonomie annoncée : 100 km
  • Autonomie mesurée : 58 km

Design : hautement urbain

Le CGO 600 Plus reprend le design du CGO 600, à savoir un cadre dont le tube supérieur trône haut, très haut, trop haut. Difficile de justifier ce choix, d’autant que le vélo s’adresse aux actifs, hommes comme femmes d’ailleurs. Un choix qui a vite fait de vous faire craquer une couture à l’entrejambe. Non, ce n ‘est pas du vécu, mais tout de même. Nous pourrons toutefois apprécier la ligne moderne et épurée. Mais cette géométrie, certes esthétique, est peu pratique, comme nous le verrons plus loin.

Les garde-boues sont offerts via une offre promotionnelle visiblement illimitée dans temps. Contrairement au CGO 600, le phare est désormais intégré au cadre. Le feu arrière est logé dans le garde-boue, et lui aussi est alimenté par la batterie.

Le cintre est large, droit, un peu bas, mais désormais ajustable en hauteur. Les ergos sont agréables, et heureusement, car vous reposerez une grande partie de votre poids dessus. La batterie amovible est intégrée au cadre.

L’écran est minuscule et les informations y sont difficilement lisibles. Les pneus sont larges, peut-être trop pour un vélo à vocation urbaine. Les haubans à l’arrière peuvent accueillir un porte-bagage.

Transmission et motorisation : manque de punch et braquets mal adaptés

Le choix d’une transmission Claris 8 vitesses est pertinent : monoplateau et une amplitude qui aurait pu couvrir un peu plus que les 25 km/h au-delà desquels l’assistance se coupe. Mais les braquets sont perchés trop haut : résultat, en montée, la vitesse la plus « facile » demande tout de même un gros effort. Au point qu’en vous arrêtant sur une pente un peu raide, vous aurez bien du mal à repartir.

Les passages de rapports, une fois la transmission bien réglée et lubrifiée, sont agréables. Les shifters répondent rapidement, les passages se font avec douceur. Le moteur Tenways promettait beaucoup. Pour rappel, il est écrit sur le site : « Aussi silencieux qu’un murmure, avec une puissance exceptionnelle. »
Dans les faits, le silence est bien de la partie. La puissance, en revanche, n’est en rien exceptionnelle. Sur les 3 niveaux d’assistance, seuls les niveaux 2 et 3 fournissent un minimum d’énergie. Et encore, le niveau 2 s’en sort surtout sur du plat bien enrobé.

En montée, les choses se corsent. Le moteur galère rapidement dès que la pente se raidit. La puissance en crête, déjà peu élevée, s’effondre après une centaine de mètres. Vous pourrez affronter des pentes à 5-6% sans problème, mais au-delà, il faudra donner de votre personne. Autant que sur un musculaire de 9 kg.

Conduite : inconfortable mais vif et réactif

Le CGO 600 Pro est vif. Le capteur de couple, le cintre droit, la géométrie qui place le poids sur l’avant en font un engin capable de réagir vite à des situations imprévues récurrentes en ville
Il permet de prendre de l’angle, de slalomer facilement et donc de prendre du plaisir à pédaler. Mais il y a une contrepartie.

En effet, le vélo, pourtant adapté à la taille de votre serviteur, oriente trop le poids vers le cintre. Les bras subissent une pression importante, ce qui se fait bien sentir après une heure de route. Ce n’est pas tout : la selle est désagréable et la position de pédalage fait souffrir vos poignets et l’intérieur de vos cuisses. Il faudra bien penser à la changer, cette selle, pour un modèle plus fin, plus profilé et reposant mieux sur votre postérieur.

Vous aurez plutôt envie de vous mettre en danseuse et la transmission, justement calibrée trop haute, le permet sans souci.

Les freins sont efficaces. Comme d’habitude, c’est sur une belle descente sur laquelle il est facile d’atteindre 50 km/h que nous avons, à plusieurs reprises, testé le mordant, la progressivité et l’endurance. Le résultat est correct. La progressivité est un peu faible avec une course morte qui entre directement sur les freins. L’endurance est bonne et le mordant suffisant pour 25-30 km/h. À 50 km/h, ils ont eu plus de mal mais ne sont pas faits pour ça.

Les pneus sont bons, mais les 48 mm de largeur pour un vélo urbain sont de trop et engendrent une résistance et un poids sur les masses non suspendues inutiles. Une section en 38 aurait largement suffi, en plus d’affiner un peu plus le vélo, tant visuellement que pondéralement.

L’éclairage est bon, large, mais manque un peu de puissance. Idem pour l’arrière. Un équipement supplémentaire ne sera pas un luxe mieux voir et être vu.

Autonomie et recharge : un chameau !

Moyennant 5 heures de recharge (sans indicateur autre qu’une LED verte sur la chargeur 3A), le Tenways CGO 600 Plus offre 58 km d’autonomie en s’alimentant avec une batterie de seulement 360 Wh. Ce qui en fait un des vélos les plus efficients et endurants du marché.

Certes, le moteur n’est pas un foudre de guerre et abandonne rapidement en crête, mais globalement, sur du trajet urbain sans gros relief, il assure. Avec un 58 km assuré, c’est-à-dire avec 100 kg sur la selle, des températures entre 2°C et 20°C et avec l’assistance au niveau maximum.

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© Jérémy FDIDA

Bon point : la batterie est amovible et légère (logique, compte tenu de sa capacité).

Application : au top, vraiment !

Tenways a pu développer son application en s’appuyant sur un moteur maison. Il a donc été possible de faire tout, mais pas n’importe quoi. Si on retrouve les informations habituelles (traçage GPS, distances parcourue, calories brûlées, CO2 économisé). À ceci s’ajoute un compteur qui indique les infos essentielles de manière lisible et agréable à savoir :

  • Vitesse actuelle
  • Vitesse moyenne
  • Temps de trajet
  • Heure
  • Kilométrage restant
  • Distance parcourue

Le tout avec un résumé clair et précis à la fin du trajet. Il y a aussi un système d’assistance en ligne.

Bref, c’est bien fait, joli, gratuit. Mais quasiment toutes les applications de vélos comme de trottinettes sont désormais de cet acabit.

Verdict : un vélo dans la moyenne, mais plus le rapport qualité-prix d’antan

La fête d’après COVID est finie. Le CGO 600 Plus n’est plus ce rapport qualité-prix détonant. Désormais, il y a de la concurrence. Ici, tout est correct, sans plus. De la finition au moteur, en passant par les freins et le prix. En revanche, la géométrie est désagréable, la selle inconfortable, la transmission mal calibrée et la puissance en crête du moteur s’effondre trop rapidement.

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© Jérémy FDIDA

Mais ce CG0 600 réussit tout de même à procurer du plaisir. Il est vif, son poids est bien réparti, il a un certain style et assurera honorablement toute demande de vélotaf, poulr peu que vous soyez prêt à mouiller un peu le maillot (ce qui n’est pas vraiment le but du vélotaf). Puis son autonomie est phénoménale, surtout à partir d’une batterie de 360 Wh, quand la concurrence fait moins, avec des batteries aux capacités 70% plus importantes. Mais à ce tarif, nous demandons désormais un moteur pédalier (surtout s’il s’agit d’un moteur maison) et un travail un peu plus poussé sur la géométrie.

Ce CGO 600 Plus conviendra à qui aime pédaler et fournir un effort certain. Mais cet effort vous fera transpirer. Et s’il faut dépenser de la sueur, l’idée d’un bon vélo musculaire léger peut se poser face à ce VAE.

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Notre avis

Le Tenways CGO 600 Plus se distingue par son autonomie impressionnante et sa capacité à assurer des trajets urbains sans encombre. Toutefois, il n'offre plus le rapport qualité-prix exceptionnel qu'il avait auparavant, en raison de la concurrence accrue. Son confort est limité par une géométrie désagréable et une selle inconfortable, une transmission mal calibrée et un moteur qui manque de puissance. Malgré tout, ce vélo parvient à procurer du plaisir grâce à son style vif et sa performance honorable, notamment en ville et sur sol plat où il permet de dépasser assez facilement, à la force des jambes, les 25 km/h de limitation de l'assistance. Mais dans tous les cas, il demandera pas mal d'effort, ce qui n'est pas forcément ce que l'on recherche lors de vélotaf.
Note : 6  /  10

Les plus

  • Autonomie impressionnante de 58 km avec une batterie de 360 Wh.
  • Conception urbaine moderne et épurée.
  • Moteur silencieux.
  • Bonne réactivité et vivacité en milieu urbain.
  • Batterie amovible et légère.

Les moins

  • Géométrie du cadre inconfortable
  • Selle inconfortable.
  • Transmission mal calibrée, braquets trop élevés en montée.
  • Moteur qui manque de puissance en pente.
  • Écran trop petit et peu lisible.

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