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Test Monster Hunter Wilds : la franchise atteint de nouveaux sommets

Avec ce nouvel opus, Monster Hunter acte son passage de licence niche à blockbuster immanquable, malgré quelques défauts. Test.

Monster Hunter a beau jouir d’un statut de saga culte, ces jeux de chasse signés Capcom restent aujourd’hui encore réservés à une niche de joueurs experts en la matière. À moins de baigner dans la franchise depuis ses débuts, la complexité de l’expérience proposée a tendance à rebuter les nouveaux venus. Les Monster Hunter ont construit leur réputation sur cette rigueur toute particulière, que Capcom tente maintenant de déconstruire en douceur depuis l’opus World de 2018. Cette première tentative de virage grand public a été suivie de près par Monster Hunter Rise en 2021, plus proche de la formule originale.

Mais nous voilà à l’aube de la plus grande évolution à ce jour. Ce vendredi 28 février 2025 marque le lancement de Monster Hunter Wilds – sur PlayStation 5, Xbox Series et PC – présenté comme un pari ambitieux pour l’avenir de la licence. En développant de nombreux aspects d’une formule quasiment inchangée jusqu’alors, Capcom espère offrir une expérience satisfaisante pour tout profil de joueur. Sur le papier, la cohabitation de l’exigence et de l’accessibilité peut paraître impossible voire contre-productive pour un titre de la sorte. Mais notre découverte approfondie de Monster Hunter Wilds a prouvé qu’un vent nouveau souffle bel et bien sur ce navire qui a pour cap la réussite, malgré quelques turbulences.

L’opus le plus abouti sans aucun doute

Après des previews qui vendaient du rêve, nous pouvons enfin affirmer que Monster Hunter Wilds tient véritablement ses promesses. La modernisation tant attendue de cette recette culte se montre à la fois novatrice mais suffisamment respectueuse pour relancer l’intérêt des joueurs sans froisser les fans hardcore. Les nombreuses améliorations de confort déjà présenté par le passé (monture, transport d’une arme secondaire, interfaces retravaillées…) ne retirent rien à l’identité du jeu et parviennent même à renforcer la dynamique de cette aventure.

Puisque cet opus ne met plus de bâtons dans les roues du joueur pour augmenter passivement la longévité de l’expérience, la boucle de gameplay est plus naturelle et addictive que jamais. Les quêtes s’enchaînent et nous guident au travers d’un scénario enfin convaincant. Pour la première fois, Monster Hunter parvient à associer son gameplay très protocolaire à une histoire et des personnages aussi convaincants qu’attachants.

Le monde paraît vivant, les chasses sont toujours plus immersives et la dimension sociale de la franchise repousse les limites établies jusqu’alors. Le crossplay associé au nouveau système de lobby pouvant accueillir jusqu’à 100 joueurs donne presque naissance à un MMORPG. Que l’on préfère jouer seul ou à plusieurs, Monster Hunter Wilds propose une aventure ambitieuse et engageante grâce à l’approfondissement des éléments de gameplay les plus satisfaisants. De quoi vouloir inviter tous ses amis à partir chasser.

Monster Hunter Wlds Viande
© Capcom

Se lancer dans Monster Hunter vingt ans après tout le monde : c’est possible ?

En dressant un tel portrait, Wilds n’a rien de plus qu’un Monster Hunter profitant des plateformes next-gen pour faire évoluer sa formule. Mais l’une des promesses majeures consistait à accommoder les joueurs novices. Pari tenu ? En grande partie, oui. Pour continuer dans les superlatifs, cet opus n’est pas seulement le plus abouti mais aussi le plus accessible à ce jour. Capcom a redoublé d’efforts pour mettre au point des interfaces et des tutoriels plus clairs qui accompagnent le nouveau déroulement naturel du jeu. Les missions d’histoire se lancent sans jamais consulter le livre de quête, la forgeronne indique les équipements conseillés, les sets d’inventaire facilitent la préparation… Les joueurs débutants peuvent se laisser guider tranquillement tandis que les vétérans pourront optimiser leurs parcours grâce à leurs connaissances.

En ajoutant à cela une simplification de certaines mécaniques de chasses rébarbatives (plus besoin de marqueurs ou de navicioles pour suivre les monstres, par exemple), Monster Hunter Wilds tente de captiver l’attention des joueurs avec ses aspects les plus amusants. Mais dans les faits, le cœur de la franchise reste inchangé et certains aspects pourraient se montrer frustrants pour les débutants une fois l’euphorie initiale essoufflée. L’apprentissage des combos d’armes, la prise en main de la physique atypique du jeu (qui peut paraître lente ou lourde pour les néophytes), la mémorisation des patterns des monstres ou encore l’optimisation des équipements sont des éléments qui redeviennent essentiels au fil de l’aventure. Et malheureusement, les fenêtres de tutoriel aussi nombreuses soit elles, ne suffisent pas à remplacer des années d’expérience sur les précédents opus. N’allez donc pas présenter Monster Hunter Wilds comme un jeu casual à vos amis encore indécis au risque de les décevoir.

Monster Hunter Wilds Pc Cata
© Capcom

Le RE Engine aussi prometteur que problématique

Les nouveautés les plus marquantes de ce titre sont rendues possibles par le RE Engine, le moteur graphique maison de chez Capcom. C’est grâce à lui que les développeurs sont parvenus à faire de Monster Hunter Wilds un monde plus vivant que jamais. Sur un plan purement esthétique, les monstres paraissent tous droits tirés de blockbusters hollywoodiens, tant les fourrures, les plumages et les peaux sont d’un réalisme bluffant. Même constat du côté des animations, qui permettent aussi bien de sublimer les phases d’attaques des créatures que leur comportement dans la nature. Certains grands monstres sont désormais capables d’interagir avec l’environnement qui les entoure, en créant des tourbillons de sable, des vagues ou en s’accrochant à des formations rocheuses, par exemple.

Cet ajout entre en synergie avec la nouvelle mécanique de météo dynamique, qui change drastiquement l’écosystème des zones. Une chasse dans la forêt peut aussi bien avoir l’air d’une balade de santé que d’un scénario catastrophe face aux inondations. Ces nouveaux effets renforcent l’immersion mais aussi le gameplay : on fait moins le malin lorsque l’on se fait repousser par les vagues de l’Uth Duna pour la première fois. Capcom est parvenu à faire de l’environnement une composante encore plus essentielle de l’expérience, mais cette folie des grandeurs à un prix : l’optimisation des performances.

Monster Hunter Wilds Leviathan
© Capcom

Sur PC, l’expérience est effectivement mieux maîtrisée qu’à l’occasion de la bêta, mais force est de constater que le titre est incapable de tourner correctement sans des outils supplémentaires. Même sur des machines performantes, Monster Hunter Wilds peine à maintenir un framerate stable sans l’aide de la génération d’image. Côté console, l’expérience est plus satisfaisante, à condition de faire une croix sur les visuels en mode performance. Mais est-il normal de devoir composer avec des résolutions dynamiques parfois catastrophiques pour profiter d’une expérience fluide ? D’autant plus qu’un jeu de chasse aussi exigeant n’a pas le droit à l’erreur sur cet aspect. Comme sur les derniers jeux de Capcom, le RE Engine est plein de potentiel mais est encore loin d’être suffisamment maîtrisé pour briller à sa juste valeur. Monster Hunter Wilds n’est pas suffisamment révolutionnaire pour justifier des performances aux fraises.

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Difficile de croire que cette scène vient d’un jeu next-gen que les PC peinent à supporter © Capcom / Journal du Geek

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Notre avis

Monster Hunter Wilds fait tout ce qu’on lui demande et plus encore. Cette parfaite évolution des recettes expérimentées par World et Rise ne manquera pas de faire mouche auprès des vétérans comme des novices. Dommage que cette réussite soit ternie par des performances moyennes et des crashs à répétition. Fût un temps, une PSP ou une 3DS suffisait à profiter de la franchise. Aujourd’hui, misez plutôt sur une PS5 Pro ou un PC hors de prix.
Note : 8  /  10

Les plus

  • On retire les mécaniques rébarbatives pour ne garder que le meilleur
  • Les efforts d'accessibilté ne ternissent pas l'expérience qui reste exigeante
  • La nature n'a jamais été aussi vivante et convaincante, des maps jusqu'au monstres
  • Enfin un scénario qui donne envie de progresser

Les moins

  • Un début en douceur qui risque de tromper les novices
  • Pourquoi faut-il une machine hors de prix pour faire tourner des visuels qui n'ont rien de révolutionnaire ?

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