On savait que Meta était capable de surprendre son petit monde, mais coup sur coup, c’était un peu du jamais vu. Souvenez-vous, c’était en septembre 2024, lors du Meta Connect, que la firme californienne avait présenté son Project Orion, des lunettes de Réalité Augmentée qui reprenaient en gros ce que proposait le casque d’Apple, mais le tout dans une simple paire de lunettes. Parce que oui, on se souvient également qu’en septembre 2024, le casque de Réalité Virtuelle et de Réalité Augmentée d’Apple, le Vision Pro, était sur le marché depuis février 2024, ce qui a permis à Meta d’apporter un vent de fraîcheur avec son Projet Orion, dans la mesure où Meta avait bien compris qu’il était plus facile de proposer une innovation dans un produit du quotidien que dans un nouveau casque bien encombrant, aussi bien fini soit-il.
En mai dernier, on avait eu la chance d’aller à Londres s’essayer au Projet Orion et à l’époque, on nous disait qu’on en était qu’à l’étape de prototypage. Et si on ne nous donnait aucune date, on pensait qu’il fallait encore bien cinq ans de développement avant de trouver un produit similaire sur le marché. Eh bien, c’est finalement durant le Meta Connect 2025 en septembre dernier que Meta a présenté ses Meta Ray-Ban Display, une version allégée du Projet Orion qui présentait pourtant les mêmes fonctions que celles que l’on avait pu découvrir sur le Projet Orion quelques mois avant et surtout, avec une disponibilité dès la fin de ce mois de septembre 2025 sur le sol américain. Du coup, heureusement ou malheureusement, notre côté geek nous a obligé à faire la queue un mardi matin, dans le froid new-yorkais, pour en récupérer une paire (moyennant 880 $) avant une rupture de stock en seulement deux jours.

Les Meta Ray-Ban Display, c’est quoi ?
Pour rappel, si vous n’avez jamais entendu parler du Projet Orion, eh bien, c’est très simple. La première fois qu’on découvre le projet, c’est purement et simplement une paire de lunettes. Et parce que ces lunettes embarquent des technologies de pointe, la monture est bien plus épaisse par rapport à une monture classique. Après, cela reste une paire de lunettes intelligentes et connectées. Si on parle de Réalité Augmentée, on va dire qu’on n’y est pas tout à fait encore. Il y a des fonctions de Réalité Augmentée, mais pour l’instant, c’est plus un écran de retour, style affichage tête haute, qu’on découvre dans notre œil droit, et c’est suffisamment impressionnant pour le souligner.
Ce qui est fou, c’est qu’en mai dernier, Meta nous parlait d’un prix aux alentours de 10 000 dollars pour un prototype du Projet Orion. Le 30 septembre dernier, on pouvait acquérir une paire de Meta Ray-Ban Display pour 799 $ HT aux États-Unis. La technologie avance bien plus vite depuis quelque temps, et cela signifie que certains concurrents vont arriver bien plus vite que prévu. On pense par exemple aux prochaines Spectacles de Snap ou aux futurs produits sous Android XR de Google.

“Mais en France, on a déjà des Ray-Ban Meta, et il y a même une Gen II, c’est quoi la différence ?”
Alors, il faut bien noter la différence entre les Ray-Ban Meta (Ray-Ban Stories avant) et les Meta Ray-Ban Display. Déjà, on inverse les noms et on rajoute Display. Oui, Meta ne nous aide pas.
Mais au final, les Meta Ray-Ban Display reprennent en gros ce que font les Ray-Ban Meta, à savoir prendre des photos et des vidéos, écouter de la musique ou encore interagir avec Meta AI en audio, mais avec en plus un affichage tête haute qui s’affiche dans l’œil droit. Cet affichage change toute l’expérience et permet une expérience plus affinée, comme la possibilité de cadrer pour ses photos et vidéos. Mais ce n’est pas tout puisque les notifications peuvent être affichées. On n’a plus besoin de sortir son smartphone ou de lever son poignet avec sa montre connectée pour lire ses notifications. C’est bien plus discret.
@anhphanfr Je les ai récupérées et voici mes premières 24h avec les Meta Ray-Ban Display ! On touche le futur et il y a de grandes chances qu’on y passe tous !
La différence avec des lunettes à écran externe
Par rapport à certains concurrents déjà sur le marché, les Meta Ray-Ban Display se différencient de certaines lunettes qui fonctionnent comme un écran externe. Les lunettes de Meta se rapprochent plus des fonctions d’une montre connectée que de lunettes de cinéma. Si l’on prend l’exemple des lunettes de XReal, par exemple, ce ne sont que des lunettes qui fonctionnent comme un écran externe, il faut donc une source de données et de calcul (son smartphone ou son ordinateur) et surtout, les lunettes de XReal (ou TCL ou Huawei) utilisent des écrans MicroOLED qui sont visibles par l’utilisateur via un système de miroir. L’avantage, c’est que l’image est super convaincante et contrastée, mais on se retrouve avec une monture non seulement épaisse, mais avec des verres assez loin des yeux. Sur les Meta Ray-Ban Display, si la monture est imposante et épaisse, cela reste des lunettes tout ce qu’il y a de plus classique. Si on ne vous dit pas que ce sont des lunettes connectées, il est impossible de le savoir. C’est le même principe que les autres Ray-Ban Meta classiques.

En revanche, alors que sur le Projet Orion, on n’avait pas de verre à proprement parler, mais des verres en carbure de silicium, une sorte de céramique ultra-réfractaire, on se retrouve sur les Meta Ray-Ban Display avec du verre plus classique. C’est d’ailleurs pour cela qu’on peut avoir des verres correcteurs (avec tout de même une correction maximale de -4 ou +4 dioptries). À ces verres est couplé un écran MicroOLED qui est réfléchi sur le verre de l’œil droit. Contrairement à ce que propose par exemple XReal, cela prend moins de place et on se retrouve à porter les lunettes Meta Ray-Ban Display comme une vraie paire de lunettes, il n’y a pas de décalage ou autre. La paire de lunettes reste collée à nos yeux comme une paire de lunettes normale. Impressionnant. Il faut bien comprendre que les usages ne sont pas les mêmes. Les lunettes de type XReal (ou TCL ou Huawei) sont des lunettes pour consommer du contenu multimédia avec une résolution Full HD et avec cette impression de grandeur. Les Meta Ray-Ban Display ont pour but d’être des lunettes de Réalité Augmentée et donc de proposer un affichage qui peut se superposer à la réalité.
Une version light du Projet Orion
Alors que des lunettes comme celles de XReal dépendent d’une source externe, les Meta Ray-Ban Display sont autonomes avec leur propre système d’exploitation. Alors oui, il fonctionne de concert avec iOS et Android via l’application Meta AI, mais cela reste un OS dédié. C’est pour ça que même sans connexion, pour n’importe quelle raison, on peut naviguer dans les menus et/ou prendre des photos et vidéos.
Sur le Projet Orion, on avait les lunettes bien évidemment, mais la partie OS était déportée dans un boîtier externe qui faisait office de batterie également. Avec les Meta Ray-Ban Display, Meta a réussi l’exploit de fusionner les lunettes et le boîtier externe en quelque sorte. Tout est intégré dans la paire de lunettes et dans un usage quotidien, on avait droit à une autonomie entre cinq et six heures, ce qui est plutôt honnête. En combinant avec le boîtier de recharge, on arrive à une trentaine d’heures d’autonomie selon Meta. De notre côté, pour tenir une journée entière, on a dû recharger en début d’après-midi. L’avantage, c’est que les lunettes se rechargent super vite dans leur boîtier de rangement. Pour en revenir à la puissance même, on se doute que Meta a dû faire un choix sur les possibilités de son OS : on a droit à un OS relativement léger et simple. Pas de superflu, on est loin d’un iOS ou d’un Android et, chose remarquable, les lunettes n’ont jamais surchauffé pendant nos tests.

On se souvient que sur le Projet Orion, les lunettes étaient plus épaisses et surtout, il y avait pas moins de sept caméras et capteurs afin de comprendre l’environnement extérieur, mais aussi les bras et les mains de l’utilisateur, un peu comme avec l’Apple Vision Pro. Sur les Meta Ray-Ban Display, exit les capteurs et autres, on revient à un usage plus basique, et cela explique comment Meta a pu tout fusionner. Moins de puissance de calcul signifie aussi moins de place. On sait maintenant que Meta prépare bien plus pour les années à venir. Chaque génération risque d’apporter son lot de nouveautés assez impactantes dans les années à venir.
Le Neural Band, le nerf de la guerre
Que ce soit le Projet Orion ou les Meta Ray-Ban Display, ils ne seraient pas complets sans le Neural Band, un bracelet qui va apporter une nouvelle façon d’interagir avec son environnement. Ce Neural Band permet de reconnaître avec précision ce que fait la main de l’utilisateur. Alors oui, Meta aurait pu faire comme sur les casques Quest et utiliser les caméras afin de reconnaître la main et éventuellement les mouvements des doigts, mais comme l’a déjà précisé Meta, ce n’était pas assez précis. En effet, s’il est assez facile de suivre le mouvement des mains et de reconnaître le fameux « Pincer pour Valider », Meta est quelque peu plus ambitieux. On peut donc ainsi pincer avec son index pour valider, pincer avec le majeur pour revenir au menu d’accueil (on économise les gestes, hein Apple ?) mais on peut aussi scroller en fermant sa main et en utilisant son pouce comme si on avait une molette dans la main.

S’il nous a fallu quelques petites minutes pour nous habituer, c’était au final assez intuitif et surtout c’était bluffant de réactivité. Alors comment cela marche ? Le Neural Band intègre la technologie EMG (Électromyogramme) qui permet d’enregistrer l’activité électrique des muscles. Du coup, le bracelet est capable de comprendre quand on utilise son index, son majeur, son pouce, ou encore n’importe quelle combinaison. C’est vraiment surprenant au départ, mais après les quatre tutoriels d’explication, tout était intégré. En plus de cela, Meta a intégré des retours haptiques, ce qui permet d’avoir un retour sur nos actions. Pratique. La seule contrainte, c’est qu’il faut bien placer le bracelet sur son avant-bras, et d’après nos tests, juste après l’os du poignet, c’est parfait.
Mais du coup, c’est aussi à l’usage qu’on découvre assez vite les limites d’un Neural Band seul. Si la navigation avec le Neural Band fonctionne plutôt bien, on regrette de ne pas avoir en complément une technologie qui permet à la paire de lunettes de savoir ce qu’on regarde/vise, un peu comme sur l’Apple Vision Pro d’Apple ou le Projet Orion de Meta (les fameux capteurs et caméras qu’on ne retrouve plus). Aujourd’hui, sans cette visée à l’œil, on navigue étape par étape ; donc si on est sur le premier élément du menu d’accueil et qu’on souhaite aller au dixième, il faudra descendre et faire défiler les options intermédiaires une par une. Dommage. Vivement que Meta nous trouve un moyen d’intégrer ces capteurs !

Autre défaut de ce Neural Band, c’est qu’il est épais. Alors oui, on comprend que ce n’est pas un, mais plusieurs capteurs tout le long de l’intérieur du bracelet pour déployer une telle technologie, mais il sera difficile de combiner sur son poignet le Neural Band avec une montre connectée ou même un bracelet connecté. Du coup, on aurait peut-être aimé, avec une telle taille, avoir soit un affichage, soit des capteurs en plus afin de transformer le Neural Band en bracelet de sport. Peut-être sur une prochaine génération ?
Le Neural Band est-il obligatoire ?
Les Meta Ray-Ban Display sont vendus en bundle avec le Neural Band, ce qui permet de naviguer depuis ses doigts dans le menu des lunettes et sans avoir à lever son bras. Mais du coup, que se passe-t-il quand on n’a plus de batterie dans son Neural Band ou qu’on l’a oublié ? Sachez déjà que le Neural Band propose une autonomie d’environ 18 heures et se recharge via un câble propriétaire. Du coup, on sait qu’au bout d’une journée, il sera fréquent que le Neural Band arrive à 0 %. Et du côté des lunettes, on sait que l’autonomie se situe entre cinq et six heures, mais qu’avec le boîtier de rangement, on atteint les 30 heures au total. La différence, c’est qu’on peut espacer nos utilisations avec les lunettes ; donc si on oublie nos câbles de recharge, il y a de grandes chances que le Neural Band arrive à 0 % bien avant les lunettes.

Aussi, Meta a bien prévu le coup, et tout peut se contrôler depuis les lunettes. Mais comment ? Souvenez-vous, les Ray-Ban Meta classiques ont une zone sensitive sur la branche droite des lunettes. Cette zone permet de faire un geste vers l’avant ou l’arrière pour modifier le son et une tape pour valider (ou deux pour changer de titres, etc.). Sur les Meta Ray-Ban Display, Meta a mis à jour cette zone sensitive qui permet désormais de reconnaître également les gestes vers le haut et vers le bas, mais aussi une tape avec un doigt (pour valider) et une tape avec deux doigts (pour revenir en arrière). Une double-tape avec deux doigts permet de cacher ou d’afficher l’affichage dans les lunettes. On retrouve donc les mêmes contrôles qu’avec le Neural Band. Pratique. Ce qui est intéressant, c’est surtout qu’il est possible que Meta sorte un jour les Meta Ray-Ban Display sans le Neural Band, ce qui pourra faire baisser son prix.
Un OS basique
Parce que cela reste un produit Meta avant tout, les Meta Ray-Ban Display assurent l’essentiel dès lors qu’on utilise WhatsApp, Instagram et Facebook. Maintenant, alors que l’OS du Projet Orion nous permettait par exemple de lancer des applications comme un navigateur internet, il n’en est rien pour l’instant avec les Meta Ray-Ban Display. En dehors des applications de Meta, on retrouve une application pour prendre des photos et vidéos, une application de galerie, une application de météo et une application Cartes en 2D. À noter que cette application Cartes, aussi simple soit-elle, est super utile quand on est en train de marcher, cela nous permet de consulter rapidement une carte de là où on se trouve et ce, sans avoir à sortir son téléphone ou à montrer son poignet. Au quotidien, on retrouve ainsi un bout d’informatique spatiale, mais on est loin de ce que propose Apple et son VisionOS, la faute à des technologies qui coûteraient trop cher à être intégrées dans une simple paire de lunettes.
Pour en revenir à l’OS, par rapport à ce qu’on se souvenait avec le Projet Orion, celui des Meta Ray-Ban Display a été grandement simplifié. On n’a plus de fenêtres d’applications, on lance une application à la fois et dans la réalité, on a vite fait le tour. On se souvient que le Projet Orion proposait même la possibilité d’ancrer ses fenêtres dans l’espace afin de tourner autour, comme avec Apple et VisionOS. Avec WhatsApp et Messenger, on peut s’appeler en visio, mais au lieu de montrer la tête de l’utilisateur ou un avatar, on montrera ce que les lunettes voient via la caméra intégrée. Idem pour la partie Meta AI qui ressemble à ce qu’on a avec les Ray-Ban Meta classiques, on est loin de l’affichage supplémentaire comme sur le Projet Orion. En revanche, on a beaucoup aimé la fonction de sous-titrage des langues étrangères. On trouve un moyen de filmer ce qu’on voit dans les lunettes et on vous le partagera.

Comme sur le Projet Orion, l’affichage tête haute des Meta Ray-Ban Display est en couleur avec une résolution de 600×600. C’est assez lumineux en journée pour toujours voir l’interface utilisateur. À noter qu’un double pincement entre son pouce et son majeur permet de cacher ou d’afficher l’interface utilisateur. Pratique pour économiser de la batterie et juste profiter de ses Meta Ray-Ban Display comme de simples lunettes. Selon Meta, les Meta Ray-Ban Display proposent un angle de vision de 70° seulement. C’est donc un peu étriqué, mais pour le constructeur américain, cela permet de continuer à avoir une vision correcte du monde extérieur. Oui, parce qu’on le rappelle, la différence avec un simple casque de Réalité Virtuelle comme l’Apple Vision Pro, c’est qu’on est en présence de lunettes de Réalité Augmentée. L’affichage des Meta Ray-Ban Display se superpose à la réalité ! Donc oui, c’est encore petit mais c’est quelque part suffisant pour les usages prévus par Meta. En revanche, si c’est pour regarder des films et autres contenus multimédias, passez votre chemin, vous aurez droit à bien mieux avec des lunettes comme celles de XReal, TCL ou Huawei par exemple.
Au quotidien
Comme le titre de ce test le suggérait déjà, les Meta Ray-Ban Display ne sont pas le Project Orion qu’on avait découvert en début d’année, loin de là. Mais c’est une première étape vers ce qui remplacera à terme notre informatique nomade. Et vous savez quoi ? On y croit vraiment. VisionOS d’Apple était une première étape, mais le hardware choisi par Apple n’avait aucun sens. Meta et son Projet Orion ont permis de voir que tout était possible pour une intégration dans un objet du quotidien.
Du coup, la vraie différence entre le Projet Orion et les Meta Ray-Ban Display, c’est surtout au niveau de la puissance du hardware et de l’OS embarqué. Comme on l’a dit plus haut, ce n’est qu’une question de temps, et chaque nouvelle itération des futures Meta Ray-Ban Display ne sera qu’une étape supplémentaire vers le Projet Orion.

Mais avec tout cela, comment vit-on avec les Meta Ray-Ban Display au jour le jour ? Eh bien, on le vit très bien. Si on est déjà un habitué des Meta Ray-Ban, les Display sont en quelque sorte une version 1.5. En effet, alors qu’avec les classiques, on faisait un peu tout à l’aveugle, ici, on a droit à un retour écran et quelque part, cela change tout. Si cet écran supplémentaire s’avère bien utile pour la prise de photos et de vidéos, il devient super utile avec les notifications, la gestion de sa musique, etc. En revanche, pas de vidéos encore à part le contenu qu’on a capturé, ce qui veut dire que c’est possible, mais que Meta ne l’autorise pas encore. On pense que cela sera déployé quand Meta aura eu raison de tous les garde-fous à mettre en place comme la sécurité ou autre, mais aussi quand Meta pourra faire en sorte que l’affichage tête haute soit plus grand pour vraiment pouvoir profiter de son contenu multimédia.
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