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Novocaïne : un film qui tabasse avec Jack Quaid (The Boys) ?

Plus de gore que de mal ? En attendant The Boys saison 5, Jack Quaid s’offre le rôle principal d’un film d’action, de baston et qui ne plaira pas aux âmes sensibles. On va voir Novocaine ?

“Ça fait mal de vivre sans toi”. Enfin… pas tout à fait. Alors que les spectateurs attendent avec impatience la saison 5 de The Boys, que Jack Quaid commence à s’inviter sur le grand écran et que les salles obscures sont plus avares en comédie d’action, Novocaïne arrive comme un uppercut pour décrocher les mâchoires des amateurs de baston et d’hémoglobine. Le film de Dan Berk et Robert Olsen veut s’imposer comme le divertissement bourrin de ce début d’année. Pari réussi ?

De quoi ça parle ?

L’histoire suit Nate, directeur adjoint d’une banque de San Diego et qui mène une vie à priori ordinaire. Il partage son temps entre ses loisirs, les jeux vidéo, et un travail un brin rébarbatif. Mais Nate a une particularité : une maladie qui l’empêche de ressentir la douleur. Lorsqu’un braquage tourne au vinaigre, et que sa nouvelle petite amie est prise en otage, Nate n’écoute que son courage et part à la recherche de ses ravisseurs. Et si sa plus grande faiblesse devenait sa force ?

Les comédies d’action, Netflix et consorts en ont fait leur fonds de commerce. Il suffit de citer les récentes Back in action et Le Jardinier pour se figurer de l’importance qu’ont prise ces propositions pour les géants du divertissement de salon. Pour autant, peu parviennent à trouver grâce aux yeux des amateurs de sérieuses bastons et d’intrigues qui le sont beaucoup moins. En 2024, on avait aimé The Fall Guy avec un Ryan Gosling à même pas un dixième de son potentiel comique et qui faisait pourtant un excellent travail devant la caméra de David Leitch.

homme qui court dans la rue avec une arme à la main
Paramount Pictures

Novocaïne promettait d’être au moins aussi ludique, en plus d’être beaucoup moins tout public. Concrètement, on pouvait s’attendre à un déchaînement de violence avant de retrouver le looser attachant Hughie de The Boys dans la saison 5 sur Prime Video. La bande-annonce avait d’ailleurs misé sur des séquences à faire frémir les plus douillets d’entre nous.

On a aimé parce que…

S’il ne réinvente pas la roue, qu’il ne multiplie pas les effets de style et ne tranche pas dans le lard comme on aurait pu le croire, Novocaïne séduit principalement grâce à son héros gauche et naïf. L’introduction est particulièrement réussie en ce sens, jouant sur l’alchimie des deux personnages pour mieux immortaliser le déchirement que représente l’enlèvement de Sherry au moment du hold-up. Avec un rythme effréné, le film avance vers son but sans sourciller, ne s’embarrasse d’impression de vraisemblable.

Les gags sont nombreux, les répliques bien senties aussi et l’on se prend d’affection pour cet homme qui s’improvise justicier et s’inquiète des blessures qu’il inflige à son adversaire quand il lui jette une poêle à frire brulante au visage. On se croirait presque dans Maman, j’ai raté l’avion, tant les pièges tendus aux méchants sont enfantins et ludiques.

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© Paramount Pictures

Reste qu’à la différence du classique Chris Columbus, ici, on s’attardera à montrer la peau de son adversaire frire sous la chaleur, à immortaliser ses cris de douleurs autant que les craquements de ses os. Si on voit les retournements de situation arriver à des kilomètres, on n’est pas vraiment là pour se creuser les méninges. On pardonne même au film de multiplier les raccourcis narratifs, surtout quand il s’agit d’illustrer la progression du personnage. De zéro à héros, Nate aurait mérité une montée en puissance plus lente pour nous convaincre.

On n’a pas adoré parce que…

Reste que, malgré son ludisme évident et la performance de Jack Quaid, Novocaïne peine à faire honneur à son concept. Si les sévices se succèdent et nous font régulièrement grincer des dents, jamais le film ne parviendra à nous surprendre. L’interrogatoire musclé, l’affrontement avec une brute épaisse et le combat avec le méchant ultime qui, lui aussi à une tolérance élevée à la douleur hein, Novocaïne coche toutes les cases et manque cruellement d’inventivité. Imaginez une manière un peu sadique de combattre un méchant, vous pouvez être certains qu’elle y sera. Pire, le film semble peu à peu oublier que l’insensibilité de son personnage n’est pas une armure ou une capacité à se régénérer, plongeant dans la surenchère de blessures crades, mais toujours sans aucun effet sur sa santé.

L’approche n’est d’ailleurs pas sans nous rappeler un autre personnage à la particularité tout à fait opposée. En 2016, Tim Miller filmait un Deadpool immortel, capable de survivre à des démembrements et autres joyeusetés sans pour autant être insensible à la douleur. Le film développé par la Fox ne manquait pas d’inventivité, piochant du côté du body horror pour nous hérisser les poils ou nous faire grimacer de douleur. À ce jeu-là, Deadpool se montrait plus inventif et efficace que Novocaïne.

On recommande ?

À l’heure du bilan, Novocaïne n’est pas aussi rafraîchissant qu’on pouvait l’espérer, pas aussi déjanté non plus, mais suffisamment amusant pour que l’on veuille passer un peu moins d’une heure dans l’obscurité à suivre Nate dans sa quête pour sauver celle dont il est tombé amoureux. Pour être surpris, on attendra la saison 5 de The Boys en 2026 sur Prime Video.

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