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Evanescence, frénésie, jackpot : pourquoi vous ne devez pas passer à côté de l’anime Devil May Cry

La série animée Devil May Cry est disponible depuis ce jeudi dans son intégralité sur Netflix et c’est le créateur de la série Castelvania, l’Indo-Américain Adi Shankar, qui s’est chargé, avec l’aide du studio Mir, de donner vie au personnage de Dante et à son univers complètement barré. C’est d’ailleurs le bon mot pour résumer les huit épisodes de cette saison, menée tambour battant et que l’on a dévoré en une traite, sans modération. Et que l’on vous conseille vivement de regarder vous aussi.

Parce que c’est du DMC tout craché (et c’est du DMC pour tous, surtout)

Droit au but. Si c’est le slogan d’une célèbre équipe de foot française, il s’applique aussi parfaitement à l’ADN de la série animée Devil May Cry. En quatre heures, le temps effectif pour regarder l’intégralité de cette saison, DMC nous livre toute son essence, tambour battant, sans faux rythme ni ennui – sauf avec l’épisode 6, totalement à part du reste du catalogue et dont on reparlera un peu plus tard – et avec une succession d’affrontements tout aussi dantesques les uns que les autres. En résumé, la série nous impose une cadence infernale, similaire en soi à la licence vidéoludique qu’elle matérialise pour nous sur Netflix.

Regarder DMC, c’est comme y jouer et Adi Shankar, le showrunner de cette saison, a pris soin niveau écriture de s’adresser aussi bien aux novices de l’univers de Dante et des créatures démoniaques qu’il doit affronter que d’arracher aussi souvent que possible un sourire béat aux connaisseurs de la saga Devil May Cry. Les références sont nombreuses, le bestiaire est respecté avec des personnages et des méchants iconiques (Enzo Ferino, Cavaliere Angelo, Agni et Rudra…) et les clins d’oeil s’étendent même à d’autres jeux Capcom (Megaman, Street Fighter…). Dante est puissant oui, mais aussi arrogant, naïf, un peu bête parfois (souvent ?), drôle et provocateur. Il prononce son célébrissime “jackpot”, porte ses deux pistolets et arbore sa longue épée dans son dos. Pour le reste, l’humour noir (et absurde aussi) vole tous azimuts, le sang coule et le gore est bien présent. Tous les ingrédients sur le papier d’une bonne adaptation sont là. Ne manquait plus qu’une bonne histoire pour coordonner le tout et là aussi, c’est le cas.

Lapin Blanc
© Netflix

Dans cette série, Dante est bien un chasseur de démons mais il ignore tout de sa véritable nature. Il est furieusement attaché à une amulette confiée par sa mère avant de mourir et est traumatisé par la disparition tragique de cette dernière et de son frère, Vergil. A côté de ça, un mystérieux Lapin Blanc met la main sur l’épée de Sparda, le père de Dante, et lorgne sur l’amulette du fiston pour l’associer à son trésor de guerre et ainsi ouvrir un portail géant permettant de connecter le monde des humains et celui des démons, avec les conséquences que l’on peut supposer. Tout ce petit monde est surveillé par une entité anti-démon, Darkcom, porté par le Lieutenant Mary, une jeune femme déterminée à éradiquer toute créature démoniaque de la surface de la planète. Et forcément, les enjeux des uns vont se mêler aux enjeux des autres, avec un final certes évident mais plutôt bien ficelé. Si l’histoire s’inspire en partie du troisième volet de Devil May Cry, l’Eveil de Dante, il ne l’adapte pas fidèlement et revisite même allégrement certains personnages, dont celui de Dante du coup.

Parce que la réalisation est complètement folle

Si l’histoire fait mouche et qu’on accroche pendant quatre heures aux aventures de Dante, c’est que la réalisation et la mise en scène sont à la hauteur du produit derrière. Déjà et c’est appréciable, Dante n’est pas l’unique personnage central de cette série, qui s’articule aussi énormément autour de Mary, surnommée Lady, présente dans les jeux et proposée ici dans une version revisitée. Le personnage, comme dit plus haut, est déterminé à éliminer le moindre démon. Si son obsession est sa force, elle constitue aussi sa faiblesse, elle qui ne connaît finalement le monde des démons que selon un point de vue plutôt étriqué. Ce qui est appréciable avec le personnage de Mary, c’est qu’elle ne jure pas aux côtés de personnages surpuissants comme Dante. Elle a énormément de charisme, disons-le, elle est badass – dans les jeux elle a une tenue d’écolière, là elle est littéralement en combinaison de combat tout du long – et ses dialogues font mouche, tout comme celle du célèbre chasseur de démons. Sans compter sa narration et son évolution, particulièrement appréciable. Dans ce registre, Le Lapin Blanc n’est pas en reste non plus. Le principal méchant de la saison intrigue tout du long, grâce à une écriture subtile, une puissance non négligeable, le fait d’avoir toujours une longueur d’avance sur ses poursuivants et des entrées en matière particulièrement stylées.

Mary Dmc
© Netflix

En parlant de style, on se doit de s’attarder quelques lignes sur le fameux épisode 6, baptisé “Le Premier Cercle”. Ce dernier, qui est le plus court de la saison (21 minutes) est à la fois une masterclass d’imagination et un véritable OVNI dans la saison tant il se démarque des autres. C’est simple, l’épisode en question est quasiment dépourvu de dialogues et l’action se développe tout en musique et en images. Le studio Mir mélange d’ailleurs les inspirations visuelles, les styles d’animations aussi, le tout au gré d’une double histoire centrée sur Lady et le fameux Lapin Blanc et qui n’est ni avare en émotions ni en informations sur les deux personnages. Le Premier Cercle marque une césure dans la saison, qu’il divise littéralement en deux, avec une toute autre lecture, après son visionnage, des enjeux des deux camps.

Parce qu’Evanescence est de retour

Mir ne s’est pas appliqué que sur le sixième épisode. Globalement, c’est toute la saison qui a bénéficié du savoir-faire du studio, qui a mis les bouchées doubles pour nous offrir des affrontements dignes de ce nom. Dans une ère où l’animation est plus que jamais scrutée, avec des standards de plus en plus haut (Solo Leveling, Demon Slayer, DanDaDan mais si on reste sur le domaine du jeu vidéo, Cyberpunk Edgerunners, Arcane), Devil May Cry tient largement son rang, avec la sensation d’assister à un véritable ballet lorsque Dante se bat. Le tout porté par une bande-sonore parfaitement accordée au style et au caractère du héros.

Devil May Cry épisode 6
© Netflix

La série étant un hommage volontaire à la fin des années 90 et au début des années 2000, soit à la période des premiers jeux Devil May Cry et des débuts de la Playstation 2, la bande-son est également de cet acabit. Et, au vu des réactions des uns et des autres lors de la diffusion de la première bande-annonce, elle peut diviser. En ce qui nous concerne, elle se marie très bien à l’action ou, dans le cas de l’épisode, des émotions que la série veut laisser transpirer. Toutes les musiques ne nous ont pas forcément plu, mais le générique – Rollin de Limp Bizkit – est solide, bien que peu créatif visuellement parlant. Entendre de nouveau la voix d’Amy Lee, la chanteuse d’Evanescence, sur le morceau Afterlife est un petit plaisir, tout comme l’énergie de Papa Roach et leur titre Last Resort. Bref, vous l’aurez compris, pour nous, cette ambiance sonore est validée et on a surtout apprécié qu’elle soit bel et bien assumée tout au long de la saison.

Oui mais…

Toutefois, tout n’est pas parfait et si Adi Shankar souhaite mener à bien son projet sur plusieurs saisons, il va falloir se pencher sur quelques points. En premier lieu, l’animation 3D qui nous a sorti plusieurs fois du propos ou de l’action, que ce soit les phases en véhicule ou l’utilisation du procédé à outrance sur le rendu et les mouvements de certains démons. Ensuite, l’idée de placer Le Premier Cercle et de nous révéler des éléments importants du passé de certains personnages dans le dernier tiers de la saison n’était pas une mauvaise idée en soi mais dessert un peu les deux derniers épisodes, qui souffrent, malgré des affrontements cruciaux, de la comparaison, qu’elle soit visuelle ou technique.

Pour le reste, pas grand-chose à dire. On a suivi la saison en VO comme en VF et les deux sont extrêmement solides, avec une petite pensée appuyée pour le regretté Kevin Conroy, qui prête sa voix au vice-président Baines. D’ailleurs ce dernier conserve sa part de mystère jusqu’à la fin et on espère vivement que celle-ci, entre autre, sera levée dans une saison 2. Oui, car on redemande, clairement.

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