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La star de Fallout en mode Dexter : cette série cartonne aux US… et bientôt en France !

Sweetpea est la mise en image de nos fantasmes les plus macabres, portée par une Ella Purnell en pleine frénésie de Dexter Morgan. Un petit bonbon à découvrir d’urgence.

Les tueurs en série ont la cote en ce moment sur Paramount+ avec la mise en ligne d’Happy Face, puis, en ce mois d’avril, l’arrivée en France de la série produite par Sky, Sweetpea. Un show très librement inspiré du roman de CJ Skuse où Ella Purnell (Yellowjackets, Fallout, la voix de Jinx dans Arcane) va se laisser aller à des pulsions qui nous ont tous traversés un jour ou l’autre.

Car, on peut se l’avouer, il est fort probable que la majorité d’entre nous ait déjà imaginé, à un moment de grande fatigue, d’impatience ou d’énervement contenu, tuer quelqu’un. Si vous trouvez cette supposition extrême, disons simplement au moins souhaiter la disparition de la personne. Ce collègue qui vous marche dessus à la moindre occasion, ce policier qui ne vous prend pas au sérieux, ce voisin qui abîme votre voiture à chaque fois qu’il se gare à côté…

Bref, il y a des jours, comme ça, où la coupe est pleine et on se rêve passant à l’acte. Heureusement, cette même majorité d’entre nous a encore une conscience morale qui sépare le rêve de la réalité, et qui nous évite d’être le sujet principal d’une série de Ryan Murphy. Sweetpea est la réalisation fictive de ce verrou qui saute et bien plus encore.

Sweetpea Paramount Plus
© Sky

La série commence par la voix off des pensées de Rhiannon (Purnell) faisant la liste des personnes qu’elle pourrait tuer. La caissière grossière, son patron la prenant littéralement pour un porte-manteau, cet ex qui l’ignore… et, la pire de toutes, Julia, celle qui l’a harcelée constamment au collège et que le destin semble avoir récompensée en lui offrant une vie parfaite.

Le quotidien de Rhiannon est à l’opposé de celui de Julia. Personne ne la respecte ni même ne considère sa présence. C’est un fantôme, un objet, et il n’y a bien que son père et son chien pour lui prêter attention. Alors, quand ces deux derniers disparaissent au même moment, la jeune femme craque et décide de punir celles et ceux qu’elle juge comme des harceleurs.

Une série de serial killer pas comme les autres

Ce qui démarque immédiatement Sweetpea du nombre affolant de shows capitalisant sur notre penchant pour les True Crime ou les tueurs en série, c’est par l’emphase mise sur son personnage principal. Rhiannon n’a pas la froideur reptilienne caractérisant ses homologues, souvent masculins, comme les Menendez, Dahmer, Dexter Morgan, etc. Au contraire, c’est une jeune femme qui a le cœur sur la main. Elle aspire à la bienveillance, mais l’humanité a décidé de s’en servir comme paillasson.

Pendant les 45 minutes du premier épisode, on suit son quotidien, au point où le récit parvient à nous convaincre que sa future première action radicale – qui arrive assez tard – soit une conclusion logique ET souhaitable. On a de l’empathie pour Rhiannon et le meurtre devient finalement la solution espérée.

Ella Purnell Sweetpea
© Sky

On est séduit par cette femme qui va trouver son exécutoire tout en transpirant à l’idée d’avoir fait quelque chose de mal. Même dans sa cruauté, elle reste banale, au point de se servir de son boulot – réceptionniste au sein d’un journal local – pour enquêter sur ses victimes et se trouver une bonne raison d’avoir commis son crime. Avec sa maladresse et ses stratagèmes presque enfantins, Rhiannon est typiquement le genre de protagoniste qui n’a aucune chance d’échapper à la police, mais dont on ne cesse d’espérer qu’elle y arrive.

La principale victime : la subtilité

À l’image d’une héroïne prenant conscience de son potentiel en chantant “Roar” de Katy Perry, Sweetpea n’a aucune volonté de jouer la carte du thriller tendu avec des ressorts scénaristiques compliqués. Au contraire, la série britannique possède justement cette petite touche d’humour anglais qui distille son second degré autour de ses personnages. On apprécie ces moments de légèreté et d’absurdité. La série ne cherche pas à nous vendre du True Crime et on pourrait nous révéler en conclusion que tous les événements étaient dans la tête de Rhiannon, on serait difficilement étonnés.

Sweetpea Avis
© Sky

Néanmoins, on ne cache pas que Sweetpea aurait pu être mieux dosée et qu’elle lâche plus frontalement les chevaux de la comédie noire. Avec des épisodes d’environ 40 à 45 minutes, on n’aurait pas été contre une durée un peu plus raccourcie pour éviter quelques séquences de flottement. D’autant que la série s’empêche également de satisfaire pleinement les pulsions de sa tueuse, de sorte qu’on a parfois l’envie de la voir passer la seconde dans le défouloir. Pas de quoi gâcher véritablement le plaisir néanmoins.

Un rebondissement inattendu

Car le show a gardé un as dans sa manche en se muant soudainement en série féministe avec un twist qui lui offre un second souffle bienvenu. Dès que l’on pensait que Sweetpea allait tirer sur la corde, malgré une durée de seulement 6 épisodes, elle remet une pièce dans la machine au point où la fin arrive finalement bien trop vite.

Sweetpea est comme une pause récréative qui s’amuse et qui amuse au sein d’un genre où on pense avoir un peu tout vu. Ce qui n’empêche pas cette absence de sérieux ambiant de proposer une histoire, bien incarnée par une galerie de personnages parfois moins linéaires qu’on ne pourrait le supposer. À l’image de Rhiannon, il y a des maladresses en cours de route, mais on n’y peut rien, on l’aime bien et on lui souhaite de réussir. Sweetpea est disponible sur Paramount+.

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