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Du gore, des démons et Taylor Swift… et si Prime Video avait trouvé le nouveau Supernatural ?

Kevin Bacon dans une série suffit déjà à attirer notre curiosité, mais alors Kevin Bacon en chasseur de primes pour le Diable lui-même, autant dire qu’on s’est jetés sur The Bondsman, la dernière nouveauté Prime Video.

Pourquoi on n’a pas lâché Supernatural en quinze ans, alors que la série a plus d’une fois patiné dans la semoule ? Pour son intrigue ? Son bestiaire ? Son Impala de 1967 ? Bon, okay, la voiture a joué. Mais c’est surtout parce que le show a réussi à nous faire aimer ses personnages naviguant entre horreur, drame et humour. Car il y a ceux qui tuent des démons… et il y a ceux qui tuent des démons avec classe. Comme avec une tronçonneuse, par exemple. The Bondsman vient de débarquer sur Prime Video avec un objectif : récupérer tous les orphelins du show d’Eric Kripke, tous les amateurs du Ghost Rider, de John Constantine, de Preacher ou de Taylor Swift, les prendre dans ses bras et leur susurrer à l’oreille : “C’est bon, tu es ici chez toi”. 

Hub Halloran est un chasseur de primes d’une petite ville de Géorgie, travaillant avec sa mère, sans véritable avenir. Un avenir qu’il verra encore moins puisqu’il tombe dans un piège et est brutalement assassiné. Promis à l’Enfer, il va ressusciter et reprendre le travail, cette fois au service du Diable. Des démons s’échappent et Hub va devoir les renvoyer d’où ils viennent avant que les cadavres ne s’empilent. Une seconde chance qui pourrait lui permettre également de renouer avec son ex, tenter de l’écarter de son nouveau mec au casier judiciaire long comme le bras, tisser des liens avec son fils et empêcher sa mère de l’accompagner dans son nouveau boulot.

Prime Video The Bondsman
© Prime Video

Pourquoi c’est bien

Parce que Kevin Bacon. On le disait tout en haut, on a un capital sympathie énorme pour l’acteur et la série lui permet de jouer sur de nombreux tableaux. Il est le héros sale gosse, charmeur, blagueur, bagarreur, mais également le loser menteur, manipulateur, égoïste qui mérite un peu ce qui lui arrive. Un protagoniste bourré de failles dans la peau duquel on sent le Kevin réellement s’éclater. Un enthousiasme assez communicatif au sein du casting, puisque les premiers épisodes laissent entendre que The Bondsman navigue l’esprit léger, avec second degré et répliques absurdes. Le tandem formé par Hub et sa “maman ours” (géniale Beth Grant) est aussi incongru que réjouissant.

Le show se plaît à croiser les genres et on sent que, question horreur, cette production Blumhouse se sert de son héritage pour jouer à fond la carte du gore. Les images violentes ne sont pas si fréquentes, toutefois, elles savent se faire remarquer avec un petit aspect Destination Finale. De l’autre côté, la capacité d’Hub à accomplir ses missions tient presque du miracle tant, malgré ce qu’on nous fait croire, il ne semble pas particulièrement doué pour le boulot. La série de Prime Video joue beaucoup sur cette dichotomie entre le cauchemar et le trivial, voire le comique. Il est évident que le créateur Grainger David, dont c’est le premier show, a visionné le travail de Sam Raimi sur Evil Dead 2, jusqu’à lui faire une référence directe.

The Bondsman .mamabear
© Prime Video

The Bondsman laisse également énormément de place aux relations entre les personnages, l’histoire familiale prenant souvent le pas sur le reste. La chasse aux démons devient presque une sous-intrigue face à un Hub essayant de mettre ses vrais démons intérieurs derrière lui, sans parvenir à leur échapper. Et pour rajouter une nouvelle couche sur ce plat de lasagnes, on a de gros morceaux de country au milieu du bazar, pour ne pas oublier qu’on reste au fin fond de la Géorgie. Et même avec ça, Grainger parvient à raccrocher les wagons en n’en faisant une part importante de son récit, car pourquoi se priver ? L’équivalent d’une pizza ananas cordon bleu chorizo St Môret. Immangeable ? C’est là que survint la dernière petite astuce du chef : cette première saison se contente de 8 épisodes de 30 minutes, soit une durée étonnamment raisonnable compte tenu de l’ambition affichée. À partir de là, même les ventres mous restent dans l’acceptable.

Ce qu’il va falloir corriger dans The Bondsman saison 2

On vous voit venir, vous allez dévorer la saison et revenir nous dire que vous n’en avez pas entièrement eu pour votre argent. Alors, premièrement, pour tout remboursement, vous pouvez contacter les têtes pensantes de la rédaction. Et deuxièmement, on est d’accord avec vous. The Bondsman a beau avoir les meilleures intentions du monde, il y a quelques petites choses à corriger si on veut davantage se régaler lors de la saison 2.

The Bondsman Sur Prime
© Prime Video

Le principal défaut reste son dosage. On le sous-entendait au-dessus, mais la partie démoniaque de l’intrigue est presque subsidiaire, au point où la générosité n’est pas vraiment au rendez-vous. On a droit à une ou deux petites scènes gores, et on retourne dans la famille Halloran. Plus les épisodes avancent, moins les notes d’humour se font présentes, la localisation de la cible se fait en un clin d’œil et le véritable objectif est réglé un peu trop facilement. En une demi-heure, The Bondsman essaie de caser un peu trop de choses, au point de sacrifier ce qui est parfois le plus intéressant et la raison de notre venue.

Cela reste très sympathique à regarder, néanmoins la frustration se fait sentir. Et malgré tout, on a beaucoup d’espoir que le show rectifie le tir pour la suite, car on sent bien que le récit voulait se débarrasser de certaines sous-intrigues avant de passer la seconde. Les promesses sont là, le casting aussi et le ton demande un poil plus de maîtrise. Si elle voit le jour, on sera là pour The Bondsman saison 2, rien que pour le Bacon de Kevin (dixit un membre de la rédaction qui préfère garder l’anonymat).

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