Donald Trump a dévoilé cette semaine une nouvelle vague de droits de douane « réciproques » visant 60 pays, censés entrer en vigueur le 9 avril. Outre un tarif de base de 10 % applicable dès le 5 avril, certains pays verront leurs produits surtaxés jusqu’à 50 %. Objectif affiché : corriger les déséquilibres commerciaux au détriment des États-Unis. Mais la liste des pays visés a suscité de vives réactions, tant chez les économistes que dans les chancelleries.
Des îles inhabitées dans le collimateur de Washington
Parmi les destinations mentionnées figurent des territoires aussi improbables que l’île Norfolk ou certaines zones de l’Antarctique, qui, à défaut d’exporter quoi que ce soit vers les États-Unis, abritent principalement… des pingouins. « Il n’existe aucune exportation connue de l’île Norfolk vers les États-Unis», explique ainsi George Plant, administrateur du territoire, interrogé par The Guardian. « Il n’y a pas non plus de droits de douane ni d’obstacles non tarifaires en place. »
De nombreux spécialistes s’inquiètent des conséquences économiques de cette mesure, estimant qu’elle pourrait générer une hausse brutale des coûts pour les entreprises américaines, avec un impact direct sur les consommateurs. L’économiste James Surowiecki a critiqué la méthode de calcul employée, la qualifiant de « mensongère et absurde ». D’après lui, l’administration Trump aurait simplement divisé le déficit commercial des États-Unis avec chaque pays par les exportations de ce pays vers le marché américain, sans prendre en compte les services qui pèsent très lourd dans la balance commerciale.
Face à l’absurdité apparente de certains choix, une rumeur est vite montée sur les réseaux sociaux : et si l’équipe de Trump avait utilisé des intelligences artificielles pour déterminer ses nouveaux tarifs ? Plusieurs internautes ont partagé des captures d’écran de requêtes envoyées à ChatGPT, Claude, Gemini ou encore Grok, toutes reproduisant des formules proches de celles utilisées par le président.
Ironie du sort, ces mêmes chatbots ont également émis des réserves quant à la pertinence de cette approche. ChatGPT note que la méthode « ignore les dynamiques complexes du commerce international». Claude rappelle que « les déficits commerciaux ne reflètent pas nécessairement des pratiques déloyales » et que « les droits de douane peuvent avoir des effets économiques contre-productifs ». Même Grok, le modèle développé par xAI (société d’Elon Musk), parle d’un outil « brutal », aux conséquences souvent imprévisibles.
Une enquête de The Verge est allée jusqu’à entrer les phrases exactes de la Maison Blanche dans ces systèmes d’IA. Le résultat ? Les mêmes formules de calcul simplifiées. De là à affirmer que l’équipe de Trump s’est contentée d’une requête maladroite à un chatbot pour dessiner sa politique commerciale, il n’y a qu’un pas.
Reste que Donald Trump, dont la cote de popularité continue de s’éroder, persiste à présenter ces tarifs comme une mesure populaire et nécessaire. « C’est ce que j’ai promis, c’est ce pour quoi j’ai été élu », a-t-il déclaré. Mais pour les exportateurs de manchots, le mystère demeure entier.
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