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PAWS, le robot à quatre pattes qui court comme un chien sans moteur

En s’inspirant des mouvements naturels des chiens, des chercheurs suisses et néerlandais ont conçu un robot quadrupède capable de marcher, courir et sauter avec une étonnante fluidité… tout en utilisant un minimum de moteurs. Un projet qui rebat les cartes de la robotique inspirée par la nature.

Développé conjointement par l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et l’Université de technologie de Delft (TU Delft), PAWS — pour « Passive Automata With Synergies » — est un robot à quatre pattes qui se distingue par sa capacité à se mouvoir avec souplesse et efficacité tout en consommant très peu d’énergie.

Un robot qui bouge sans efforts (ou presque)

Contrairement à la plupart des robots quadrupèdes actuels, qui nécessitent de nombreux moteurs et des algorithmes complexes pour exécuter leurs mouvements, PAWS repose sur une architecture plus simple, inspirée directement du corps animal.

Le secret de cette approche : les synergies motrices. Chez les animaux, le système nerveux central ne contrôle pas chaque muscle individuellement, mais active des groupes musculaires de manière coordonnée pour effectuer des mouvements complexes de façon naturelle.

C’est cette logique que les chercheurs ont cherché à reproduire dans PAWS. « Nous avons commencé avec des données biomécaniques réelles de chiens pour identifier leurs synergies de mouvement principales, puis nous les avons traduites dans un système de tendons piloté par un nombre réduit de moteurs », expliquent Francesco Stella et Mickael Achkar, co-auteurs de l’étude publiée dans Nature Machine Intelligence.

Résultat : malgré ses douze articulations, PAWS ne possède que quatre moteurs actifs — soit un moteur par « synergie » identifiée. Ces moteurs sont couplés à des câbles, des ressorts et des articulations souples, qui lui permettent de réaliser plusieurs types de déplacements, du trot au galop, en passant par la position assise ou le saut.

Lors de tests sur tapis roulant, les ingénieurs ont même observé que PAWS pouvait avancer sans aucun moteur activé, uniquement grâce à l’élasticité de ses structures internes. Dans ces conditions, le robot a spontanément adopté une allure de galop, parvenant à s’adapter aux variations de vitesse ou à franchir de petits obstacles.

« Notre conception montre qu’un corps passif bien pensé, avec des couplages mécaniques souples, peut offrir une grande variété de comportements dynamiques sans avoir besoin de tout motoriser », précisent les chercheurs. L’équipe travaille désormais à améliorer la stabilité de PAWS à l’aide de capteurs simples et de boucles de rétroaction légères, toujours dans le respect de cette logique minimaliste.

Derrière ce projet se dessine une autre façon d’aborder la robotique : non plus en multipliant les calculs et les actionneurs, mais en laissant la structure physique du robot accomplir une partie du travail. Une philosophie qui pourrait s’avérer précieuse dans des contextes exigeants comme l’exploration, les secours en terrain difficile ou les missions à longue durée, où l’autonomie énergétique est un enjeu central.

PAWS n’en est qu’à ses débuts, mais il pose déjà une question intéressante : et si, pour rendre les robots plus efficaces, il suffisait de les rendre plus… animaux ?

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Source : Nature

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