Comme la plupart des grands noms de la tech, Meta s’est imposé comme un acteur important de la recherche en intelligence artificielle. Ses travaux sont toutefois moins connus du grand public que ceux d’OpenAI, par exemple, car contrairement à cette dernière, elle n’a jamais mis son travail à disposition à travers une application comme ChatGPT, qui continue de truster la première place du Google Play Store. L’écurie de Mark Zuckerberg semble toutefois déterminée à inverser la tendance ; selon CNBC, elle va bientôt publier sa propre application standalone.
Pour ceux qui ne sont pas familiers de cet écosystème, les chatbots tels que ChatGPT sont construits autour de modèles IA, que l’on peut assimiler à des grands ensembles de « neurones » artificiels. Ils doivent être entraînés au préalable en les abreuvant de données. Au terme de ce processus d’entraînement, on obtient un ensemble de poids et des biais, des valeurs numériques qui définissent l’importance des liens entre les différents neurones virtuels qui composent le réseau. C’est à partir de ces valeurs que l’on peut ensuite passer à l’étape de l’inférence, qui consiste à générer de nouvelles données, par exemple la réponse à une question donnée.
Les applications, des piliers de l’écosystème actuel
Pour permettre aux utilisateurs d’exploiter ces modèles, les développeurs les mettent (parfois) à disposition sous forme de gros paquets de poids et de biais, qui doivent être téléchargés pour réaliser le processus d’inférence localement ou sur un serveur. Mais connaissant les enjeux économiques, de nombreuses entreprises spécialisées ne souhaitent pas partager ces paramètres. Ce processus d’inférence est alors réalisé sur des serveurs privés qui hébergent les différents modèles. Ils acceptent la requête textuelle formulée par l’utilisateur, la traitent, puis renvoient une réponse soit à travers une application, soit une interface web, sans que l’utilisateur ne puisse accéder à tous les rouages de la machine.
Les applications dédiées, en particulier, jouissent d’une forte popularité, car elles offrent un accès facile à et rapide à ces modèles. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer le succès de l’application ChatGPT, qui trône en première place des téléchargements sur plusieurs plateformes comme Google Play depuis de longs mois. Meta, de son côté, a créé une interface appelée Meta AI, qui est accessible à travers des plateformes telles que Facebook et Whatsapp.
Mais c’est une façon de procéder qui est de moins en moins prisée du public, qui a pris l’habitude de fonctionner avec des applications individuelles. Une lacune qui n’aide pas l’entreprise à mettre ses modèles Llama en avant.
Une appli Meta AI dès le printemps ?
Pour inverser la tendance, elle a donc décidé d’imiter OpenAI en concevant sa propre application mobile. Pour l’entreprise, ce sera à la fois une manière de consolider sa base d’utilisateurs… et aussi de monétiser ce service, comme OpenAI le fait déjà avec ses formules payantes.
Selon des sources proches du dossier, là encore citées par CNBC, ce produit pourrait débarquer sur les différentes plateformes de téléchargement dans un futur relativement court, dès le deuxième trimestre 2025. Il sera intéressant de voir si cette initiative permettra à Meta de s’imposer comme un concurrent sérieux à OpenAI sur le segment grand public, qui reste pour le moment dominé par l’entreprise de Sam Altman.
En tout cas, ce dernier ne semble pas particulièrement préoccupé par cette perspective. Suite à cette annonce, le PDG de l’entreprise a lâché une petite boutade sur Twitter / X, indiquant avec humour que son entreprise allait peut-être sortir son propre réseau social. “Ca serait tellement drôle si Facebook s’attaquait à nous et que nous leur faions une “Uno reverse“, a-t-il ajouté en référence à la carte du celèbre jeu de société qui permet d’inverser le cours de la partie.
https://x.com/sama/status/1895230925753233763
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